Les parlementaires mobilisés pour la sauvegarde des palmiers

Les parlementaires sont mobilisés pour la lutte contre le charançon rouge et la sauvegarde des palmiers

Suite à notre article du 5 juin 2018, intitulé  « Questions au gouvernement de Bernard Brochand, député, et Jacky Deromedi, sénateur »  à lire ici

Que s’est-il passé depuis ?
Avec le soutien de Bernard Brochand, député, et Jacky Deromedi, sénateur, nous avons pu obtenir que la réunion de concertation que nous demandions dans notre lettre adressée au Ministre de l’Agriculture  le 8 avril 2018, se tienne finalement le 11 février 2019 après une réunion préparatoire en octobre.
Entre temps, l’Anses a remis son rapport à la DGAL sur les stratégies de lutte avec publication à la presse le 19 décembre 2018.
Ce rapport considère une zone atlantique sur laquelle l’éradication du CRP doit être recherchée, et une zone méditerranéenne où l’éradication ne serait plus possible et sur laquelle les seules possibilités seraient de contenir le CRP ou de sauver certains palmiers « patrimoniaux ». Bien entendu, avec le CMSP nous considérons que cette proposition n’a aucun sens et qu’il est impossible d’éradiquer le charançon sur une zone, s’il ne l’est pas dans l’autre ! Seule la volonté d’éradiquer le charançon peut  permettre de sauver les palmiers. Le risque est donc maintenant important que la DGAL s’appuie sur les conclusions du rapport de l’Anses pour établir les bases du futur arrêté de lutte qui devrait se substituer à celui du 21 juillet 2010, toujours en vigueur aujourd’hui 5 juin 2019.
Le CMSP informe et sollicite les parlementaires pour qu’ils interviennent auprès du Ministre afin d’éviter ce que nous considérions comme une condamnation des palmiers..

 

Question écrite au gouvernement du sénateur Jacky Deromedi

Le 27 décembre 2018 – Madame le sénateur Jacky Deromédi adresse une question écrite au gouvernement ( QE n° 08316 publiée au JO du Sénat le 27 décembre 2018 ) concernant les dispositions à prendre pour organiser la lutte collective contre le charançon rouge du palmier.

« ..Il apparaît que la réforme de l’arrêté du 21 juillet 2010 ne suffirait pas pour mener la lutte contre le charançon mais qu’une lutte obligatoire supposerait une intervention du législateur pour associer pleinement des collectivités territoriales à cette lutte. Le coût des dégâts constatés s’élève, en effet, à plusieurs centaines de milliers d’euros. Il est donc essentiel que l’État puisse se doter des outils législatifs et organisationnels qui permettent aux collectivités et aux particuliers de sauvegarder un patrimoine végétal vivrier ou ornemental menacé par des organismes nuisibles invasifs. Elle lui demande, en conséquence, de bien vouloir lui faire connaître les mesures que le Gouvernement entend prendre dans ce domaine. .. »

Voir le texte complet de la question

Cette question écrite n’a toujours pas reçue de réponse à ce jour si ce n’est la date de remise du rapport de l’Anses.

 

Lettre au Ministre du député Bernard Brochand

Le 16 janvier 2019,  le député Bernard Brochand écrit au Ministre

« ..Je souhaite toutefois insister sur l’urgence de la situation. En effet, toutes les dispositions doivent être impérativement mises en œuvre avec les collectivités et les associations directement impliquées dans cette lutte pour définir une législation permettant de généraliser, très rapidement, une stratégie collective visant à stopper l’hécatombe et sauver les palmiers qui subsistent encore aujourd’hui sur le littoral méditerranéen et empêcher la propagation du charançon rouge sur l’ensemble du territoire. »

 

Proposition de loi et proposition de résolution déposées par Bernard Brochand

Le 6 février 2019 enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale  sous le n°1640, Bernard Brochand dépose une proposition de loi  « tendant à octroyer aux contribuables un crédit d’impôt pour le traitement des palmiers visant à lutter contre la prolifération du charançon rouge du palmier. »
Cette proposition de loi est présentée par Mesdames et Messieurs les députés : Bernard BROCHAND, Damien ABAD, Emmanuelle ANTHOINE, Thibault BAZIN, Émilie BONNIVARD, Jean-Claude BOUCHET, Marine BRENIER, Gérard CHERPION, Michel HERBILLON, Geneviève LEVY, Didier QUENTIN, Jean-Luc REITZER, Laurence TRASTOUR-ISNART,
Voir le texte complet.

Egalement le 6 février 2019, enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale  sous le n°1667, Bernard Brochand dépose une proposition de résolution «  tendant à la création d’une commission d’enquête sur la situation concernant la disparition des palmiers sur le bassin méditerranéen. »
Cette proposition de résolution est présentée par Mesdames et Messieurs les députés : Bernard BROCHAND, Damien ABAD, Emmanuelle ANTHOINE, Thibault BAZIN, Émilie BONNIVARD, Jean-Claude BOUCHET,  Gérard CHERPION, Laurent FURST, Geneviève LEVY,  Véronique LOUWAGIE, Didier QUENTIN, Jean-Luc REITZER, Laurence TRASTOUR-ISNART,

Cette proposition de résolution devrait permettre de faire une évaluation économique des pertes et du patrimoine végétal qui reste encore à sauver.

«  Une  enquête  serait  donc  nécessaire  pour  connaître  le  nombre  de  palmiers  présents  avant  l’arrivée  du  CRP,  et  ce  chaque  année  depuis  2006  pour chiffrer de façon exacte la quantité de palmiers perdus et prendre toute la  mesure  de  la  progression  de  l’infestation.  Il  serait  également  intéressant  de  connaître  le  type  de  traitement  préventif  ou  curatif  utilisé  ainsi  que  la  quantité  de  palmiers  traités  entraînant  des  résultats  positifs  ou  négatifs.  Enfin, il serait opportun de connaître le montant exact des coûts concernant la  lutte  contre  la  progression  du  charançon  rouge  qui  inclut  aussi  les  mesures  d’abattage,  les  travaux  de  dessouchage,  les  travaux  de  remise  en  état et les replantations, suivant les cas. »

Voir le texte complet.

Il est pour le moins paradoxal que dans son rapport « multicritères » très académique, les experts du groupe de travail de l’Anses n’aient jamais pris en compte les conséquences financières de la perte d’un palmier pour les propriétaires, sans parler de l’impact à terme, sur l’économie touristique de la région, dont l’évaluation serait plus difficile. La balance économique sur laquelle ils tirent leurs conclusions se trouve de ce fait totalement déséquilibrée et cela explique en grande partie, la raison pour laquelle leurs conclusions sont diamétralement opposées à celles des experts, spécialistes de la lutte contre le charançon rouge du palmier, réunis par la FAO à Rome en mars 2017.
Ainsi, lors de la réunion du 31 janvier 2018, le Directeur du pôle E3D de la Cavem estimait que le financement du projet Arecap était très largement compensé par les économies réalisées sur les dépenses de traitement et d’abattages des seuls palmiers publics alors qu’il faudrait considérer également les économies réalisées par les propriétaires privés dont les palmiers traités dans le cadre d’Arecap étaient 5 fois plus nombreux , et surtout la valeur du patrimoine  important qui avait été ainsi  préservé ! Des notions qui ne sont pas même abordées dans le rapport de l’Anses dont les experts n’avaient sans doute ni les moyens ni le temps pour le faire mais auraient dû reconnaître dans ce cas qu’il n’étaient pas en mesure de déposer des conclusions.

Cette proposition de résolution nous apparaît donc comme essentielle pour que les décideurs puissent disposer enfin, d’informations qui s’approchent de la vérité du terrain et pas seulement, comme c’est le cas aujourd’hui, des seuls chiffres « officiels »  résultant des déclarations volontaires recensées par le Sral et dont tous les professionnels du secteur estiment qu’ils représentent moins de 20 % des cas. D’ailleurs, les experts de l’Anses eux-mêmes posent la question de la validité de ces chiffres.

 

Réunion nationale de concertation organisée par la DGAL

Le 11 février, la  DGAL organise la réunion nationale de concertation qui regroupe les différents acteurs concernés.
L’objectif pour la DGAL est de faire ressortir les points consensuels qui pourraient servir de socle au nouvel arrêté de lutte substitutif à celui du 21 juillet 2010. Il est admis que la lutte contre le charançon doit être poursuivie, qu’une stratégie différente sur les zones atlantique et méditerranéenne ne serait pas pertinente, que seule une lutte collective de masse peut permettre d’obtenir une baisse significative de la population des charançons mais qu’une telle lutte doit-être organisée et coordonnée, la possibilité de constitution d’un réseau sanitaire envisagé, reste à évaluer, enfin qu’il était également nécessaire de prendre les dispositions de lutte contre le papillon Paysandisia archon,  qu’une AMM provisoire serait nécessaire pour le piégeage et de toute urgence pour des insecticides de substitution à l’imidaclopride, interdite depuis le 1er septembre 2018.

Après consultation sur un projet qui a suscité de nombreuses remarques et inquiétudes, nous attendons la publication du nouvel arrêté avant la fin juin, qui nous l’espérons et grâce aux interventions des parlementaires devrait maintenir la lutte obligatoire contre le CRP en préventif et curatif et ouvrir la voie pour une généralisation des luttes collectives dans les zones contaminées, mais…le ministère de l’Agriculture aura t’il la volonté politique d’arrêter l’hécatombe des palmiers du bassin méditerranéen en prenant les dispositions qui permettraient enfin d’éradiquer le CRP ?