La FAO organise une réunion internationale de haut niveau sur la dispersion du CRP

Programme de la réunion internationale organisée par la FAO qui se tiendra à Rome du 29 au 31 mars 2017 sur la dispersion du charançon rouge du palmier

La gravité du problème posé par la dispersion du CRP dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen Orient conduit la FAO à organiser une réunion internationale à laquelle vont participer les décideurs au plus haut niveau. Après présentation de la situation, de l’état de l’art sur les mesures de lutte contre ce ravageur ainsi que des leçons à tirer d’un échec général de cette lutte, l’objectif est de proposer une stratégie multi-disciplinaire et multi-régionale ainsi qu’une plateforme pour sa mise en œuvre qui seraient approuvés par les différents pays concernés.
Toute personne intéressée à assister à cette réunion peut en faire la demande en suivant les indications fournies dans la “Information note” sur le site: http://www.fao.org/food-chain-crisis/high-level-meeting/en/
Il est regrettable qu’une réunion semblable ne se soit pas encore tenue au niveau européen, au moins pour tirer les leçons d’un échec absolument fracassant dans les différents pays concernés. Tirer les leçons de cet échec présenterait pourtant à n’en pas douter un intérêt considérable pour mieux affronter les nouvelles espèces invasives introduites en Europe ou qui le seront dans les prochaines années et se disperseront de la même façon que le CRP vraisemblablement pour les mêmes raisons et en entraînant les mêmes conséquences catastrophiques.
Au niveau français, alors qu’il avait déjà fallu attendre cinq années pour obtenir que soit enfin autorisée en 2014 une nouvelle technique de lutte qui, bien utilisée, aurait dû permettre, selon l’INRA, la FREDON, FNE et la majorité des acteurs de la lutte, de faire régresser massivement le CRP, aucune réunion nationale ne s’est encore tenue pour analyser les causes de ce nouvel échec et y remédier en urgence. L’hécatombe des palmiers s’est amplifiée considérablement depuis trois ans. Si cette année rien n’est organisé pour arrêter cette hécatombe, la lutte légalement obligatoire contre ce ravageur n’aura plus aucun sens.
A quoi aura servi l’arrêté du 21 juillet 2010, à quoi aura servi la modification de mars 2014 si les mesures fixées dans le cadre de cette réglementation étaient inapplicables et n’ont donc servi en rien pour contenir le CRP ou obtenir sa régression? Poser cette question lors d’un atelier de travail regroupant tous les acteurs permettrait sans nul doute, étant donné l’expérience acquise depuis 2007, d’identifier les solutions afin de rendre applicable et donc efficace cette réglementation. L’évaluation de l’opération ARECAP lancée par la CAVEM l’année dernière avec l’appui de Propalmes 83 serait en cela extrêmement instructive.
Mais, encore faut-il pour cela accepter de reconnaître cet échec et d’en analyser les causes pour y remédier. C’est la démarche adoptée pour la réunion de Rome ! Pourquoi une démarche analogue ne serait-elle pas adoptée en France et en Europe? Mais il faut faire très vite d’une part parce qu’à la fin de cette année il sera trop tard et d’autre part parce que le lobby des commerçants de palmiers pèse de tout son poids pour que le CRP soit dérèglementé. Vu l’échec total des mesures obligatoires de lutte adoptées par les différents pays européens jusqu’à présent, cette dérèglementation tombe sous le sens sauf à proposer une approche nouvelle et sa mise en œuvre rapide afin de démontrer qu’il est encore possible d’obtenir la régression du CRP. 170228-Final-draft-agenda-and-timetable-SCHLM-RPW-Rome-27-Feb