Dérèglementation du charançon rouge par la Commission européenne

capitulation de la CE

La Commission européenne capitule devant le charançon !

La dérèglementation du charançon rouge par la Commission européenne devrait être décidée d’un moment à l’autre sans qu’il y ait eu aucune concertation préalable avec les propriétaires de palmiers (Collectivités et particuliers) des pays concernés et sans consultation des experts scientifiques directement impliqués dans la lutte.

Cette décision qui devait être prise le 15 mai dernier lors d’une réunion du Comité Permanent section santé des plantes de la DG SANTE a été reportée au 13 juillet c’est à dire demain !

Nous avions adressé une lettre ouverte (voir copie ici) à Madame Auricoste en charge du dossier à la DGAL (Direction Générale de l’Alimentation /Santé des végétaux) pour lui demander d’intervenir et empêcher cette décision stupide ! Bien entendu et comme souvent dans ces cas là, l’Administration ne répond pas ! c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous prenons la précaution de lui adresser une lettre ouverte..Monsieur Macron va avoir du travail s’il veut rapprocher l’Administration de ses administrés ! un vaste chantier, qui va exiger des changements radicaux de comportement !

Revenons à l’essentiel pourquoi cette décision nous apparaît stupide ou pour le moins inappropriée :

– ce n’est pas parce que certains pays (on nous dit l’Espagne, l’Italie et le Portugal ) n’ont pas su organiser une lutte collective, seule solution pour pouvoir éradiquer un nuisible invasif, que le problème n’existe plus et qu’il faut baisser les bras ! Ce serait affirmer « je n’ai rien fait jusqu’à maintenant pour appliquer la lutte obligatoire contre le charançon donc je ne peux rien faire », il suffit donc de supprimer la réglementation et il n’y aura plus de problème ! Cela revient à se mettre un bandeau sur les yeux et à laisser le CRP proliférer librement alors que l’on ne sait pas encore jusqu’où son appétit vorace pour nos végétaux méditerranéens pourrait aller. On sait du moins qu’aucune espèce de palmier ne lui résistera même les dactyliferas plantés récemment à Nice !

– aucun pays peut se prétendre à l’abri du CRP qui a été détecté jusqu’en Angleterre..!

– les experts scientifiques se sont réunis au Caire du 22 au 24 mai 2017 pour décider de mettre en place une « Plateforme mondiale et un programme régional NENA pour la gestion du CRP (voir article), donnant ainsi suite aux conclusions de la réunion de Rome organisée par la FAO fin mars 2017 (voir compte rendu ici). Là leur mission est clairement d’éradiquer le charançon rouge dans les pays producteurs de dattes (Proche orient et Afrique du nord) où le palmier joue un rôle important pour de nombreux agriculteurs et l’économie de ces pays.

L’Europe se doit d’avoir une action solidaire avec ces pays méditerranéens ! La dérèglementation du CRP en Europe leur ferait courir un risque supplémentaire inacceptable !

Si la dérèglementation du CRP était décidée par la Commission européenne cela voudrait dire que, à l’exception des quelques pays encore indemnes, pour lesquels la lutte resterait obligatoire, tous les autres pourraient faire ce qu’ils voudraient ! Nous savons à quelles dérives cela entrainerait dans une société capitaliste de libre échange où il est extrêmement difficile d’effectuer des contrôles sanitaires sur tout ce qui bouge…la lutte deviendrait encore plus difficile pour les pays qui comme la France (d’après les bruits de couloir de la DGAL) maintiendrait la lutte obligatoire. Et en admettant même que la France maintienne la lutte obligatoire, sur le littoral méditerranéen qu’ adviendrait’ il aux frontières avec l’Italie et l’Espagne si ces pays prenaient une décision contraire. On comprend bien que tout cela n’a aucun sens et aucun fondement scientifique sérieux : le CRP n’a pas de frontières ni de limites territoriales !

On nous dit « cela va libérer la France des contraintes réglementaires que lui impose l’Europe et va lui permettre de prendre des mesures mieux adaptées et plus efficaces..car bien entendu l’arrêté du 21 juillet 2010 qui réglemente la lutte contre le charançon en France deviendrait caduc !

Cela veut donc aussi dire que l’Administration (la DGAL) prépare un nouvel arrêté ! Ils attendent quoi pour en discuter avec les propriétaires et les scientifiques concernés?

Nous avions écrit une lettre ouverte au Ministre le 1er juillet 2016 pour lui demander des corrections et des modifications de l’arrêté pour qu’il soit mieux adapté à la situation. Nous attendons toujours sa réponse ! Heureusement de nombreux députés que nous avions mis en copie nous avaient soutenu et posé des questions écrites au gouvernement qui leur a répondu avec des copier-coller !