Le CMSP dénonce la convention proposée par Syngenta

Le CMSP vient d’adresser aux maires des communes déclarées contaminées par arrêté préfectoral une lettre pour les inciter à refuser de signer la convention proposée aux communes par Syngenta pourquoi?

Pour le CMSP, la seule stratégie qui puisse permettre de réduire rapidement et drastiquement la population des charançons rouges est la stratégie de la dernière chance, prônée par Michel Ferry depuis plusieurs années mais qui malheureusement n’a toujours pas été appliquée correctement malgré des tentatives intéressantes comme le plan de lutte ARECAP, lancé par la CAVEM en 2016 mais qui malheureusement se heurte toujours au monopole de Syngenta sur les traitements par endothérapie à base d’émamectine benzoate.

La stratégie de la dernière chance, c’est l’organisation par les collectivités, d’une lutte collective de masse coordonnée entre propriétaires publics et privés, menée rapidement et limitée dans le temps.

C’est une position constante du CMSP depuis sa création en 2015.

Pour que cette lutte soit efficace il faut pouvoir traiter rapidement la grande majorité des palmiers présents sur le territoire pour cela il faut  ;

  • organiser les chantiers en regroupant les traitements pour mutualiser les moyens et réduire les coûts
  • communiquer largement pour inciter les propriétaires à faire traiter leurs palmier à des coûts les plus bas possibles pour entraîner le plus grand nombre

Malheureusement la convention proposée par Syngenta ne répond pas à ces objectifs :

1) en bloquant l’organisation des chantiers puisque les communes sont le plus souvent contraintes de passer par les seuls applicateurs de Syngenta ce qui pose un problème de privilège par rapport aux professionnels locaux qui ont fait l’effort de se former et de se faire agréer par la DRAAF pour l’utilisation de produits phytosanitaires et le traitement du charançon rouge ;

2) parce qu’elle s’adresse aux seules collectivités sans tenir compte du fait que 70 à 80% des palmiers à traiter se trouvent chez les propriétaires privés ;

3) parce qu’en proposant un prix forfaitaire par palmier et par an elle s’oppose à l’intérêt d’organiser des chantiers groupés pour faire baisser les prix ;

4) parce qu’elle engage les collectivités pendant 3 ans sans aucun objectif de résultats qualitatifs alors que l’on sait que des problèmes techniques résiduels doivent être corrigés, en particulier la méthode d’injection et la technique d’assainissement ;

5) parce qu’en contre partie d’un prix de 72€ ttc par palmier et par an, elle demande aux collectivités de lui faire sa promotion commerciale et d’inciter les propriétaires à faire traiter leurs palmiers pendant 3 ans. Ce prix de 72€ qui pourrait être considéré comme acceptable pour le traitement d’un palmier isolé, conduit à des prix excessifs pour des palmiers groupés par chantier au détriment des propriétaires. Les collectivités, comptables des deniers publics, devraient d’ailleurs être les premières à exiger la dégressivité des prix et donc à une facturation séparée du produit et de la main d’oeuvre pour leurs propres palmiers.

Ne faut-il rien faire en attendant ? Non bien sûr !

Mais il faut très rapidement :

  • amener Syngenta à renégocier ses conditions en rentrant dans un véritable partenariat, intégrant les collectivités, les propriétaires privés représentés par les associations membres du CMSP, le SRAL et la FREDON en tant que garants du respect des protocoles de traitement et du contrôle des résultats ;
  • que l’endothérapie soit strictement réservée aux luttes collectives agrées par le SRAL et contrôlées par la FREDON pour éviter l’utilisation de produits phytosanitaires sans espoir de résultat tout en infligeant des blessures aux palmiers.

Les conditions d’une généralisation de la lutte doivent être mises en place et opérationnelles avant la fin du printemps 2017 pour pouvoir prétendre sauver les palmiers Phoenix canariensis patrimoniaux encore présents sur le littoral méditerranéen.