Arrêté du 25 juin 2019, la lutte contre le charançon rouge reste obligatoire, mais ..

L’arrêté du 25 juin2019, concernant la lutte contre le charançon rouge du palmier (CRP), publié par le ministère de l’Agriculture, abroge et remplace depuis le 2 juillet 2019 l’arrêté du 21 juillet 2010, modifié à plusieurs reprises.
Voir le texte de l’arrêté 25 juin 2019 du ministère de l’Agriculture

Commentaires :

 La bonne nouvelle : la lutte contre le charançon rouge du palmier reste obligatoire sur l’ensemble du territoire national ! (article1). Oui, mais….

Maintenir cette obligation n’a de sens que si les mesures sont appliquées et présentent une efficacité suffisante pour que la lutte ait de bonnes chances d’aboutir.

L’échec constaté jusqu’à présent dans la lutte contre CRP, relève essentiellement d’une absence de volonté de les faire appliquer par le ministère, à laquelle on peut ajouter des mesures largement insuffisantes car laissées à l’appréciation de chacun.

De nombreuses collectivités, et pas des moindres, ont largement contribué à la propagation du charançon en tardant à traiter leurs palmiers infestés qui sont restés pendant des mois à contaminer leur environnement comme en témoignent des centaines photos que nous avons pu recueillir. Elles ont bafoué ouvertement la réglementation dans le silence assourdissant des autorités chargées de ce dossier. Le code rural article L 251-20 prévoit pourtant des sanctions lourdes (amendes allant jusqu’à 150000€  et 6 mois de prison). Certaines se sont même senties obligées de se dédouaner  en accusant les propriétaires privés « c’est pas moi, c’est l’autre ! ». D’autres ont utilisé  la démarche respectable du « zéro-phyto » pour justifier leur incurie alors que, dans le cadre de la lutte contre une espèce invasive comme le CRP la loi prévoit justement, par la force des choses, une dérogation à cette démarche (code rural article L253-7 §II).

161031 Nice Prom photo JLF IMG 7989p 171211 Croix de marbre 001w 180127 Nice parc Castel des deux Rois

Exemples : n°1 Nice décembre 2016 – Prom’ (Photo JLF) – n°2 Nice décembre 2017 – Place de la Croix de Marbre (photo DC) – n°3 Nice janvier 2018 Castel des deux rois (photo DC) – des palmiers infestés sont restés sans être traités pendant des mois faisant courir un risque de sécurité dans les parcs ou sur la voie publique !

Leur mission aurait dû être au contraire de protéger le patrimoine végétal qui leur était confié et de conseiller ou d’aider les privés à en faire de même. A quoi sert une loi lorsqu’elle reste inappliquée même par les organismes publics ?

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, rien dans cet arrêté ne nous permet de penser qu’il en sera autrement et, de plus, au lieu de corriger les insuffisances et manques du précédent, il ne fait que les aggraver considérablement.

1) Une stratégie différenciée vouée à l’échec

Pour établir sa stratégie de lutte, la DGAL ne fait qu’appliquer les conclusions du rapport, publié le 19 décembre 2018 par l’Anses, très discutable, partial et déconnecté du terrain (voir nos commentaires ci dessous), dont nous vous avions parlé en détail dans un autre article à lire ici. Elles conduisent entre autres à distinguer deux zones :
    • une zone atlantique où l’objectif reste l’éradication, toutes les mesures obligatoires du précédent arrêté sont maintenues;
    • une zone méditerranéenne où l’objectif est d’une part de stabiliser la population de CRP, ce qui revient à laisser l’hécatombe des palmiers se poursuive et d’autre part de « contenir le charançon rouge dans les zones contaminées ».

Comme l’ont souligné les experts internationaux de la FAO (1) réunis à Rome en mars 2017 et à Bari en octobre 2018, cet objectif est totalement illusoire : « Le confinement du CRP est voué à l’échec si dans les zones infestées ne sont pas appliqués des programmes de lutte visant son éradication rapide.»

2) L’État se défausse sur les municipalités.

Dans les zones contaminées en zone méditerranéenne, l’État se défausse de ses responsabilités sur les collectivités !
Le ministère décide (article 4), bien tardivement, de transférer vers les Cropsav (1) le soin de « suivre » et « de formuler,  le cas échéant, des recommandations pour améliorer l’efficacité des actions de lutte mise en œuvre au niveau régional ».
En d’autres termes, la lutte est laissée à l’appréciation des collectivités territoriales, bien souvent démunies devant l’ampleur de la tâche et peu enclines à se lancer dans un projet de lutte collective, avec ou sans l’intervention du Cropsav.
La situation  requérait un arrêté affirmant une volonté politique et des mesures urgentes – incitatives  ou contraignantes – pour que toutes les collectivités des zones infestées s’engagent résolument dans une lutte collective contre le CRP avec l’objectif de l’éradiquer rapidement seul espoir de pouvoir sauver définitivement nos palmiers.

3) Un périmètre de lutte qui reste inadapté au CRP.

Malgré les possibilités de vol du charançon, capable de parcourir des distances de quelques kilomètres, l’arrêté maintient une distance de 100m autour d’un palmier infesté pour la définition  du périmètre de lutte  comprenant une zone contaminée. (article 5).  Par contre lorsque 50 % de la commune est situé en zone contaminée, le préfet de région peut décider de placer le territoire entier de la commune en zone contaminée. Cette disposition pourrait faciliter l’organisation d’une lutte collective sur leur territoire mais pourquoi attendre que  50 % du territoire soit contaminé alors que le taux d’infestation est exponentiel ? C’est beaucoup trop tard !

4) Les traitements préventifs, composante essentielle d’une lutte efficace ne sont plus pas obligatoires en zone méditerranéenne !

Les traitements préventifs, qui sont pour tous les spécialistes du traitement des palmiers le socle indispensable de la lutte intégrée contre le CRP ne sont rendus obligatoires pour tous  que sur le territoire des collectivités volontaires, après approbation du Ministère  (article 7b)
Pouvons-nous imaginer une lutte contre les feux de forêt en région méditerranée si le débroussaillage n’était obligatoire que dans les seules collectivités volontaires ?
La lutte contre le feu comme celle contre le CRP  n’a de chance de réussir que si elle est menée sur l’ensemble du territoire menacé !

..sauf sur les territoires des communes volontaires

Cela n’apporte rien de bien nouveau et nécessite l’aval du Cropsav, un organisme  dont on voit mal quel pourrait être l’intérêt à s’investir rapidement dans une lutte qu’ils ont ignoré depuis leur création en 2012.

L’arrêté précédent instituait une obligation de traitement préventif pour tous, qui n’a malheureusement jamais été appliquée. Comment croire que demain, les choses en iraient autrement sans organisation ni coordination d’un plan de lutte collectif ? sur la base du seul volontariat ?

Quant aux communes non volontaires, elles obtiennent un blanc-seing pour continuer à ne rien faire en préventif ! 

5) Rien pour promouvoir l’organisation collective de la lutte :

Cet aspect essentiel manquait complètement dans le précédent arrêté. Or, son échec est en grande partie dû à l’absence totale de mesures pour faciliter l’organisation collective de la lutte dont les résultats témoignent de l’efficacité et du réalisme économique (voir article).
Il était donc essentiel et attendu que le nouvel arrêté contienne une mesure nouvelle sur ce point.
Il n’en est rien malgré l’unanimité des avis sur l’intérêt d’une telle organisation.

Conclusion :

Notre espoir résidait dans une prise de conscience du ministère de l’Agriculture sur l’intérêt d’éradiquer le charançon pour  préserver notre patrimoine végétal et nos paysage.

En participant à la réunion nationale du 11 février 2019 à Paris, en délégation avec les représentants des collectivités et des associations engagées dans les luttes collectives Arecap et Palmiers06, nous pensions avoir  convaincu nos interlocuteurs sur l’intérêt d’éradiquer le charançon pour  préserver notre patrimoine végétal et nos paysages et nous en étions sortis raisonnablement optimistes, malgré certaines difficultés administratives à lever pour pouvoir généraliser les luttes collectives à l’ensemble des communes du bassin méditerranéen.
Visiblement le ministère a fait le choix de la facilité en sacrifiant nos palmiers.
Cela est d’autant plus regrettable qu’au delà de la lutte contre le charançon rouge, il était nécessaire que nos autorités sanitaires se dotent des méthodes et moyens pour faire face à  de futures invasions de nuisibles qui pourraient, tout aussi bien s’attaquer aux plantes vivrières.
Nous savons que c’est maintenant totalement illusoire et que les propriétaires qui veulent sauver leurs palmiers et qui en auront les moyens financiers seront livrés à tous ceux qui cherchent à tirer profit de cette situation en surfant sur la vague bio : ce sera à leur détriment !
Nous devons admettre en lisant cet arrêté que tout le travail que nous avons pu faire, depuis 2015 aux côtés de Michel Ferry  et avec l’appui des collectivités qui se sont engagées dans des luttes collectives n’est pas reconnu dans le texte du nouvel arrêté.  

 Nous considérons que ce nouvel arrêté dont l’objectif n’est que de contenir le charançon et non de l’éradiquer, ne permettra pas de sauver les palmiers et conduira à leur fin inéluctable !

Nous continuerons à vous tenir informés des dispositions qui pourront être prises par les Sral, les Cropsav ou les régions et des positions que nous serions amenés à prendre pour défendre les intérêts des propriétaires de palmiers.

Le 1er juillet 2017, dans une lettre ouverte au ministre Stéphane Le Foll, Propalmes83 lui demandait d’intervenir rapidement pour généraliser la lutte collective entreprise par la Cavem à l’ensemble des communes contaminées du bassin méditerranéen en attirant son attention sur le fait que le risque était important que l’hécatombe que nous avions constatée à Vintimille en novembre 2015 (photo de gauche – parc municipal) se reproduise ailleurs et à Nice en particulier.

L’analogie avec la situation du parc Vigier à Nice, 2 ans plus tard, est trop flagrante pour ne pas être soulignée ! (Photos de droite : parc Vigier en décembre 2017 – DC). Depuis les palmiers ont été coupés, dessouchés et de jeunes palmiers Washingtonia ou Syagrus ont remplacé les pamiers plus que centenaires voir photo ci-dessous).

 

Parc Vigier situation en decembre 2018Le parc Vigier, symbole de l’hécatombe des palmiers Phoenix des Canaries à Nice ! En haut la photo Google Earth « street view » – septembre 2016 ; au dessous, la même vue en décembre 2018 (Photo DC). Perte d’un patrimoine botanique inestimable. Les premiers palmiers Phoenix canariensis acclimatés en France vers 1864 par le vicomte Vigier ont été décimés, faute d’un traitement efficace et du non respect de l’arrêté de 2010. La seule perte financière peut-être estimée à près de 700 mille euros.

Attention aux faux espoirs :

Nous tenons à avertir les propriétaires de palmiers comme nous l’avions déjà fait dans différents articles précédents que

    1) le piégeage massif, sans traitement préventif ne sera qu’une illusion et conduira à la perte des palmiers. Même si localement on peut observer une certaine baisse de la population, il suffira qu’une seule femelle aille pondre sur un palmier pour que l’infestation persiste ou reparte. Or le meilleur des pièges ne capturera pas plus de 50 % des charançons. Lire notre article « Le piégeage sans stratégie collective et intégrée ne sera qu’une illusion« . Nous constatons d’ailleurs qu’il n’y a, encore aujourd’hui, aucune phéromone d’agrégation qui soit autorisée pour du piégeage massif. L’autorisation de mise sur le marché (AMM 2199994) provisoire 120 jours qui a été attribuée fin juin 2019 ne porte pas sur la phéromone, contrairement à ce que peuvent laisser croire certains communiqués de presse diffusés sur Internet. On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre, des charançons rouges non plus !

    2) les traitements biologiques ne sont pas suffisamment efficaces pour réduire l’infestation et en particulier aucun document scientifique ne permet aujourd’hui de quantifier l’efficacité du Beauveria bassiana sur les palmiers dont le stipe dépasse 2 à 3m. L’autorisation de mise sur le marché de l’Anses indique qu’il est « variable et partiel ». Lire notre article « Le Beauveria, efficacité variable et partielle » ;

    3) les outils de détection précoce, chiens renifleurs, détection sismique, détection thermique et autres procédés ne présentent un réel intérêt – lorsque leur efficacité aura été  démontrée –  que dans les zones actuellement non contaminées ;

 Seule une lutte collective impliquant les propriétaires publics et privés, organisée par les collectivités et menées rapidement et massivement peut conduire à une régression massive de la population des charançons en quelques années. Lire notre article « Pour sauver les palmiers, la lutte collective est indispensable« .

situation parc de Valere à FréjusEt pourtant Arecap a fait la démonstration que la lutte collective était possible (plus de 5000 palmiers dont 600 sur le domaine public) ont été traités en 2018 ; et qu’elle était efficace ( fin 2018, le taux d’échecs apparents était de 2,6% sur les palmiers traités depuis juin 2016). A titre d’exemple représentatif, le parc de Valère, copropriété sise à Fréjus, 39 palmiers Phoenix canariensis patrimoniaux, traités en lutte collective Arecap depuis juin 2016 (Photo DC). Les palmiers sont traités par injection d’émamectine benzoate dans le stipe du palmier une fois par an.

 

Le Collectif Méditerranéen pour la Sauvegarde des Palmiers

 

  (1) Anses : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail – ministère de la Santé.
DGAL : Direction générale de l’alimentation en charge de la santé des végétaux au ministère de l’Agriculture.
Draaf :  Direction régionale de l’alimentation de l’agriculture et des forêts
Sral : Service régional de l’alimentation en charge de la santé des végétaux
FAO : Food Authority Organisation (L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture)
Cavem : Communauté d’agglomération Var Estérel Méditerranée
Arecap : Action en réseau pour l’éradication du charançon et l’assainissement des palmiers
(il s’agit de la première lutte collective, en France, organisée par la Cavem à l’ instigation du CMSP et de Propalmes83 pour lutter contre le charançon rouge en appliquant la stratégie de Michel Ferry et les dispositions de l’arrêté de lutte obligatoire).
Copil : Comité de pilotage organisé par la Draaf-Paca
Cropsav :  Conseil régional d’orientation de la politique sanitaire animal et végétal. Il ont été créés en 2012 (voir Code rural art. D200-5 et pour en savoir plus lire la fiche n°4 de la note de service DGAL du 14 mars 2013)

 

Commentaires sur le rapport de l’Anses publié le 19 décembre 2018

N.B. Ces commentaires ont été présentés, pour l’essentiel, à l’Anses lors de la réunion nationale du 11 février 2019 à la DGAL.

Le groupe de travail des experts de l’Anses recommande, dans son rapport, de poursuivre l’éradication dans la zone Atlantique et les zones non encore ou peu contaminées et de contenir l’expansion du charançon dans la zone méditerranéenne contaminée. C’est impossible et c’est absurde !

Le groupe de travail de l’Anses commet plusieurs erreurs graves.

1- Les experts de l’Anses ont interprété faussement les scénarios des spécialistes internationaux du traitement des palmiers de la FAO publiés dans la Proposition de stratégie multidisciplinaire et multirégionale de gestion du charançon (voir figure 2) de la réunion organisée par la FAO à Rome en mars 2017, sur lesquels ils disent s’être appuyés et c’est un comble, suivre les recommandations !
Ils ont affirmé sans en fournir la moindre démonstration que dans les zones méditerranéennes le coût des traitements à mettre en oeuvre pour arriver à l’éradication seraient exorbitants et de plus en oubliant de tenir compte des économies que pouvaient représenter pour les propriétaires la préservation de leur patrimoine en leur évitant : les frais d’abattage, de terrassement ou génie civil et de remplacement, en cas de perte.
A titre d’exemple et sur les seules années 2016 et 2017, le coût fonctionnel de l’organisation de la lutte collective ARECAP était largement compensé par les économies sur les traitements des seuls palmiers publics (les tarifs négociés dans le cadre de la lutte collective Arecap passaient à 60€HT en 2016 alors qu’ils étaient de 160€HT en 2015 hors Arecap ). La Cavem (Frédéric Ferrero directeur du Pôle environnement E3D) annonçait qu’ Arecap avait permis, en 2016 et 2017, de préserver plus de 60 palmiers publics ce qui représentait une économie minimum de 50000 euros en frais d’abattage et de 350 000 euros en valeur de patrimoine préservé – chiffres publiés lors de la réunion publique organisée à Antibes le 31 janvier 2018 – lire le compte-rendu complet de la réunion). Dans Arecap, les palmiers publics représentent moins de 20% des palmiers traités. Les économies potentielles globales étaient donc au moins 5 fois supérieures !

2- Par ailleurs le groupe de travail des experts de l’Anses commet deux erreurs graves.
a)  En assurant que dans la zone méditerranéenne, le scénario raisonnable en terme de coût serait de se borner à contenir l’infestation du charançon. D’abord parce que depuis 2010 c’est ce qui a été fait en France !
Sur l’ensemble des zones contaminées du bassin méditerranéen, la prolifération et le taux d’infestation n’ont cessé d’augmenter sauf sur les territoires où des luttes collectives ont été menées  (les seules luttes collectives sont celles qui ont été organisées par la Cavem en partenariat avec Propalmes83 depuis juin 2016 et par Vence en partenariat avec les Palmiers du Pays vençois depuis 2017 ; deux associations membres du CMSP qui étaient conseillées par Michel Ferry).. Les mêmes causes produisant les mêmes effets on peut donc s’attendre avec la stratégie proposée par l’Anses et retenue par la DGAL à ce que la prolifération du charançon ne diminue malheureusement qu’avec la disparition progressive mais inéluctable des palmiers.
b) Au plan économique les experts de l’Anses ne tiennent pas compte de l’échelle temps !
Le confinement du charançon obligera à maintenir en permanence les traitements jusqu’à la disparition des palmiers alors que son éradication ne nécessiterait un effort important que sur quelques années (5 ans environ). Enfin le  charançon est un bon voilier, capable de voler sur plusieurs kilomètres, qui plus est le commerce et le transport des palmiers est très difficilement contrôlable compte tenu de l’insuffisance des moyens en personnel  et ce malgré les mesures prises. Il sera totalement impossible de le contenir aux seules zones méditerranéennes contaminées et il poursuivra son expansion sur l’ensemble du territoire, là où il trouvera des palmiers pour nourrir ses larves.

Pourquoi les experts de l’Anses ont-ils pu commettre ces erreurs?
Le groupe de travail était composé de spécialistes : 1 épidémiologiste, 2 entomologistes, 1 spécialiste en modélisation. Tous, sans doute très compétents dans leur spécialité mais aucun d’entre eux n’est connu pour ses connaissances et son expérience de terrain dans le traitement des palmiers contre le charançon même si l’un d’entre eux, Didier Rochat, chercheur à l’Inra est bien connu pour ses études sur la biologie du charançon ( nous le connaissons bien également pour ses déclarations lors du Copil du 10 mars 2016 organisé par la Draaf-Paca, pour lui,  le Phoenix canariensis n’avait rien à faire sur la Côte d’Azur et les communes qui avaient décidé de ne pas traiter  (en contravention avec l’arrêté de 2010) avaient fait un bon choix !  Il doit donc être pleinement satisfait puisque la DGAL a suivi ses recommandations.

Par contre, le traitement des palmiers contre le charançon, c’est un domaine dans lequel travaille Michel Ferry depuis plus d’une vingtaine d’années et dont les compétences et l’expérience sont reconnues par tous les spécialistes internationaux avec lesquels il est en relation de travail, aujourd’hui en tant qu’expert de la FAO après avoir été chercheur à l’INRA jusqu’en juin 2016. Il est l’auteur de la méthode d’assainissement des palmiers, pratiquée par de nombreux professionnels qui ont suivi sa formation pour être agréés par la Draaf à traiter les palmiers contre le CRP. Il a également travaillé à la Station Phoenix d’Elche en Espagne sur la mise au point et la démonstration de l’efficacité du traitement par injection d’émamectine benzoate dans le stipe des palmiers. Il est aujourd’hui Directeur scientifique de la Station de recherche Phoenix à Aspe en Espagne.
Malheureusement et malgré les résultats tout à fait intéressants, obtenus avec Arecap et Palmiers06, que nous avions présentés au ministère lors de la réunion nationale du 11 février 2019, ses recommandations, conformes à celles de l’ensemble des spécialistes de la FAO n’ont pas été retenues par le ministère dans le nouvel arrêté. Pourquoi?

Bilan Arecap 2018Bilan Palmiers06 2018

 

 

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